29 avril 2009
Le bio, c'est bon!
Par Ficelle
Il y a quelques temps (ça fait rire jaune mon joli mari, hihi... qui m'a connu ne mangeant que des cordons bleus Père dodu, cuits au micro-ondes), je suis tombée la tête la première dans le... bio et accessoirement, j'ai entamé une réflexion sur la croissance verte, voire la décroissance ("voire", hein, parce que faut pas trop m'en demander direct...). Je ne sais pas si c'est une réaction à une période d'intense consommation (ici, ici ou ici...), une baisse nette de mes revenus (la maternité? La crise?... Les deux ma bonne dame) ou une réelle prise de conscience quant aux excès de la société moderne (dont nous sommes des acteurs conscients ou inconscients). Bref, je lis et j'agis (enfin, j'essaye).
Je lis d'abord. Et notamment, Une autre assiette, de Claude Aubert. C'est un peu technique et jargonnant, mais ça donne quand même de flippantes précieuses informations. Le pitch:
Pourquoi une autre assiette ? Parce que les produits de l'agriculture intensive, trop pollués, n'ont plus la cote pas plus que le bifteck frites, trop cher, trop gras et trop problématique pour l'environnement.
Après un examen critique de tous les maillons de la chaîne agroalimentaire, ce livre propose un mode d'alimentation conciliant santé et protection de l'environnement, sans pour autant oublier les plaisirs de la table et les contraintes budgétaires.
Avec, par exemple, des menus bio et équilibrés à moins de 2€50. Et tous les conseils pratiques pour en composer des centaines d'autres. Le titre de ce livre est celui du best-seller de l'auteur, paru en 1979. Le même titre, mais un livre entièrement nouveau, à la lumière de tout ce qui a changé en 30 ans. Comme l'apparition de nouveaux aliments (dérivés du soja, céréales récemment introduites en France, etc.), de nouvelles preuves des avantages d'une alimentation bio ou encore la mise en évidence de la grande responsabilité du contenu de notre assiette dans le réchauffement de la planète.
Ma sœur m'a également offert La bio attitude des paresseuses, par Sophie Millot. Concis et instructif.

Ce livre éclaire particulièrement la consommatrice compulsive que je suis sur les labels (innombrables), mais également sur les produits naturels qui peuvent se substituer aux produits issus de la chimie qui se retrouvent sur nos fesses faces et notre linge, en cuisine ou sur la peau de nos loupiots. Bref, une mine d'infos pour celles qui débutent... comme moi.
Et puis j'agis. Et notamment en adhérant à une AMAP (association pour le maintien d'une agriculture paysanne). Chaque semaine, je vais pouvoir récupérer un (demi) panier de légumes et de fruits produit par un maraîcher en bio, Le jardin d'Agnès. Le demi panier (dont je dois me contenter pour l'instant faute de disponibilités) coûte 10€ par semaine. Pour cette somme, j'ai:
- 3 pommes
- 3 poireaux
- une mesure de pommes de terre (environ 500 gr)
- une mesure d'épinards (bon, une fois cuits, ça fait pas grand chose...)
- une petite botte d'asperges (environ 6,50€ sur le marché)
- 6 œufs
- une salade verte
Donc, c'est quand même pas mal. Bien sûr, ce panier évolue au fil des saisons. Il ne suffit pas à l'approvisonnement hebdomadaire de la famille, mais c'est une façon de soutenir un agriculteur en direct ET de profiter de bons produits. Il en existe un peu partout en France, alors n'hésitez pas à vous renseigner. Certains livrent même à domicile. Bon marché!
EDIT: Aujourd'hui, à la place des pommes, j'ai eu des lentilles vertes. Et la batavia est ENORME! Miam!
Je signale par ailleurs que le vote pour le Feuilleton s'achève demain soir! Alors, si vous ne vous êtes pas encore acquitté de cette tâche, hurry up!
14:58 Publié dans Les exploits de Ficelle et Boulotte | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : amap, légumes, bio, livres, paresseuses
28 avril 2009
Un petit tour chez les Teutons
Par Ficelle
La ville de Fribourg (215 000 habitants), situé dans le land du Bade-Wurtemberg, s'est fait une spécialité des problématiques liées au développement durable. Elle abrite l'une des principales usines européennes de production de panneaux photovoltaïques. La ville a également réalisé des opérations incitatives favorisant l'emploi de modes de déplacements doux et un pôle des déplacements a été construit. La ville a hébergé une garnison française (Forces françaises en Allemagne) jusqu'en 1998. Les anciennes casernes (le quartier Vauban) sont en cours de reconversion. L'opération est considérée comme étant l'un des premiers écoquartiers européens.


11:32 Publié dans Ficelle, Boulotte et le reste du monde | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : bio, fribourg, alnatura, dm
27 avril 2009
Vive la grippe porcine !
par Boulotte
Je suppose que vous avez vu et /ou lu les infos : la grippe porcine est la dernière née de nos épidémies... On avait déjà eu la vache, le poulet, ... qui sera le prochain sur la liste ?
En tout cas, moi, je m'en fous : dorénavant je compte me sustenter exclusivement de jus de fruits et légumes frais. Depuis l'acquisition de frutti-pro xl, la centrifugeuse professionnelle signée Moulinex, ma vie a changé... Non, je déconne, je continue à manger des cordons-bleus Lidl à minuit, mais j'ai moins mauvaise conscience...
Frutti-pro xl, la dernière acquisition venue encombrer ma cuisine... qui n'avait vraiment pas besoin de ça !
10:23 Publié dans Boulotte aux fourneaux | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : centrifugeuse, fruits, légumes, jus frais, cocktails
26 avril 2009
En passant par la rue Sainte-Madeleine...
Par Ficelle
A Framboisy, les rues piétonnes sont légions. Il en est une qui a un charme fou. Il s'agit de la rue Sainte-Madeleine, à deux pas de la place et de l'église du même nom. D'aucuns ont longtemps pu constater que les petits commerces qui bordaient cette artère mignonette n'ont jamais fait de vieux os. La faute, pour certains, à la localisation de la rue, un peu excencentrée par rapport aux principaux axes commerçants du centre-ville, aux propositions qui n'étaient jamais bien suffisantes pour drainer suffisamment de monde (quelques fingues ou bijoux bof), ou aux commerçants qui ouvraient quand ils avaient que ça à faire, entre la poire et le fromage, ni trop tôt ni bien tard un peu au petit bonheur... Peut-être à tout ça. Mais depuis quelques mois, la rue reprend vie et du poil de la bête. Et les clients ne s'y trompent pas, qui recolonisent ses abords.
Parmi les nouveaux arrivants, Nancy vient d'ouvrir Petite Emilienne, une boutique de tissus Liberty, japonais ou brésiliens, auparavant introuvables dans notre bonne cité.
17:35 Publié dans Ficelle, Boulotte et le reste du monde | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
24 avril 2009
Et clic!
Par Ficelle



Je suis totalement FAN de cette application !!!! Merci Nancy ! Je sais, toutes les blogueuses l'ont déjà essayé et adopté, j'ai toujours un train de retard, mais mieux vaut très tard que jamais. Donc, le Polaroid, c'est fait. Je vais essayer de ne pas en abuser trop longtemps. Par contre, j'ai pas encore réussi à me faire tirer le portrait dans la Photocabine. Chais pas, la webcam ne se connecte pas... En même temps, chuis un peu un manche, donc si vous avez une idée de ce qui coince, Bibi est preneuse. A très vite, pour un billet sur la jolie rue Sainte-Madeleine à Framboisy et bien sûr, pour le résultat du Feuilleton. Faudrait voir à un peu s'exciter au niveau de la participation, là! Sinon, c'est pas très marrant, hein! Merci. Bon... Allez. Merci quoi.
20:06 Publié dans Ficelle et Boulotte ouvrent l'oeil | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note | Tags : polaroid, application, miss a., photos
23 avril 2009
Chapitre onze, piège
Par Ficelle

Les rideaux tournoyaient autour des fenêtres, toutes les deux entrouvertes. Leur épais lainage cendre virvoltant dans la pièce, donnait à la scène un caractère plus lugubre encore. Nous ne réagîmes pas immédiatement. Au bout de trois ou quatre longues secondes, Robin s'avança d'un pas lourd et brusque vers son père immobile, le visage livide rejeté en arrière, à moitié couvert de sang rouge sombre, visiblement déjà coagulé. N'osant pas le toucher, Robin tourna autour du fauteuil, les yeux rivés sur le cadavre – le doute n'était franchement pas de mise quand à notre capacité à le réanimer... Nous n'esquissâmes même pas un geste en ce sens. Il sembla évaluer la situation, peut-être les causes de cette mort aussi brutale qu'incroyable. Quant à moi, mon cœur s'était arrêté en entrant dans la pièce et le bougre mettait du temps à redémarrer. Bientôt, je criai de façon presque inaudible, pour moi seule. Façon de vérifier que j'étais pour ma part toujours en vie.
Puis, je repris mes esprits. Et m'écriai: « Robin, est-il... Est-il mort? » Il ne répondit à cette question réthorique, puis, se précipitant vers la porte en me bousculant presque, il sortit. Puis rentra à nouveau et me prit par l'épaule, me tirant vers l'extérieur. « Ne restez pas là enfin, Adèle. Venez. » Sur le pallier, alors que, tremblante, perplexe et effrayée, je me tenais à côté de lui, il déverrouilla le clavier de son portable et, tournant sur lui-même, très agité, il finit par dire: « Jean, c'est moi. Descends, on a un très gros problème. » Sa voix était sacadée, son ton plus grave que d'ordinaire, mais je ne sentis dans cette simple phrase aucune de trace de peur ou de chagrin.
Je le regardai avec des yeux ronds, infoutue de capter ce qui était en train de se passer. Très choquée, je cherchai en vain une once de tristesse ou ne panique sur son visage, en vain. Son comportement était incompréhensible. A mesure que montait mon angoisse et ma colère, mes larmes commençèrent à couler, sans que vraiment je ne m'en aperçus. « Mais Robin enfin, que se passe-t-il? Je ne comprends pas... Votre père? Est-il mort... là, dans la pièce? Qu'avez-vous vu? Vous ne l'avez même pas touché... A-t-il reçu quelque chose au visage...? S'est-il cogné? Fait ça tout seul? Quelqu'un lui a-t-il fait du mal? » Je bégayais, traversée maintenant de sanglots montant par vagues, de plus en plus fortes. Il se tourna vers moi, me prit doucement par les épaules et me souffla: « Adèle, calmez-vous. Oui, mon... père est mort. Sans doute un coup porté au visage. Peut-être un accident. Vous ne devez pas paniquer. Jean arrive... Nous allons... régler ça... Appeler la police. »
Mes genoux cotonneux ne me portaient plus, je flanchai. Me portant à moitié jusque sur les marches, Robin s'assit à mes côtés, écarta les cheveux mouillés de larmes collés sur mes joues et continua: « Ne vous en faites pas, ce cauchemar sera bientôt terminé. Nous allons faire fouiller l'île. Nous finirons par trouver le responsable et... il sera arrêté et... puni. » Il avait prononcé ces derniers mots presque sans voix, juste pour lui. Je frissonnai et l'observai encore. Ses yeux, à présent durs et froids, n'exprimaient toujours aucune peine, mais une colère vive. Je ne comprenais pas cette réaction. Et j'osai: « Mais, Robin... Vous n'avez pas l'air surpris ni affecté. Je, je... » N'arrivais pas à mettre des mots sur cette étrange et perturbante réaction. A sa place, j'aurais hurlé, pleuré, me serais peut-être évanoui ou du moins aurait sans doute fini prostrée dans un coin.
Il n'eut pas le temps de répondre que Jean, suivi d'Alex et de Julien, montèrent quatre à quatre les marches du grand escalier. Jean se précipita immédiatement dans le bureau paternel, sans même que Robin ait eu besoin de lui faire le moindre signe. Il en ressortit moins d'une minute plus tard, le visage déterminé et calme. Ces deux-là réagissaient d'une façon vraiment inhumaine. N'éprouvaient-ils aucune peine à perdre leur père? Tels deux rocs, ils ne pensaient déjà qu'à l'après. Les cadets ne furent pas aussi placides. Une fois entré dans la pièce où se trouvait toujours le corps, Alex poussa un cri bref et resta un long moment invisible. Julien ressortit quant à lui illico, les larmes aux yeux. Son regard, interrogateur, scrutait ses deux aînés, en quête d'une réponse, d'une marche à suivre.
« Nous devons absolument cacher cela, commença Jean. Au moins jusqu'au 12. On ne peut pas risquer d'avoir les flics sur le dos en présence de Komenko et de sa clique. » Il parlait à voix basse, souhaitant sans doute que j'en entende le moins possible. « Ils ne pourront pas accoster à cause de la tempête de toute façon, lui rétorqua Robin. Et puis qu'est-ce qu'on leur dira la semaine prochaine, quand le corps sera à moitié décomposé? Non, on n'a pas le choix. On appelle. Et on précise que l'île est inaccessible jusqu'à nouvel ordre. » « On peut le descendre au congélo, hasarda Julien. Annick nous fera un peu de place. » Je hoquetai. Un haut le cœur me contracta le torax. D'une empleur telle que je faillis rendre mon pantaguélique petit déjeuner.
Alex ressortit du bureau à son tour, les yeux rougis. « Qui a fait ça? hurla-t-il. Je vais la buter. C'est elle, c'est forcément cette pute. » Il s'élança dans l'escalier, la rage au ventre et continuant à vociférer des injures. Jean se précipita à sa suite et parvint à la maitriser. « Non, tu restes là. On ne sait pas qui a fait ça. Et puis, de toute façon, personne ne peut quitter l'île. Si c'est elle, elle est prise au piège. Comme nous tous d'ailleurs. » Réprimant un nouveau haut le cœur, je parvins à me redresser et, tanguant franchement sur mes gambettes, je m'adressai aux frères à mi-voix: « On ne peut pas partir, c'est ça. On est coincés ici? Je veux partir Robin, je veux m'en aller... J'ai peur. Je veux partir! » « Non, Adèle, c'est impossible, vous êtes coincée ici, tout comme nous et la personne qui a sans doute commis ce crime. Je sais que c'est difficile pour vous là, tout de suite, mais je suis là. Nous sommes là, vous n'avez rien à craindre. » La panique montait et je ne le croyais plus. Je criai soudain: « Mais Robin, je dois PARTIR, c'est urgent! Ici, ça n'ira pas, je ne serai pas en sécurité, je ne veux pas rester...! » « Vous n'avez pas le choix Adèle, c'est comme ça. Mais ce ne sera sans doute pas long. L'affaire de quelques jours. » Je sentis la terre tourner, le sol s'affaisser sous moi. Et puis le noir.
EDIT (4 mai) : le vote est à présent terminé. C'est la version numéro 2 qui remporte la mise... Merci pour votre participation et à TRES bientôt pour la suite du Feuilleton!
Le Feuilleton peut, à ce stade, s'élancer dans plusieurs directions. C'est maintenant à vous de décider.
14:50 Publié dans Le Feuilleton de Ficelle | Lien permanent | Commentaires (8) | Envoyer cette note
22 avril 2009
Oh les beaux jours
Par Ficelle
Ne boudons pas notre plaisir, à Framboisy, en avril, en général il fait beau. Enfin, il y a deux ans, pour mon wedding, il faisait beau. Heureusement, parce que j'avais pas prévu de doudoune pour aller avec ma robe Anna Sui trop la classe. Bref... je m'égare. Donc, comme il fait soleil, ben ça donne envie de prendre quelques photos gnangnan bucoliques. En vlà quelques unes...
10:35 Publié dans Les lubies de Ficelle et Boulotte | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
19 avril 2009
Un petit tour et puis rentrons
Par Ficelle
Virée parisienne de Miss A. Bilan de fin de parcours. Merci pour vos dizaines de milliers de commentaires qui m'ont tant encouragée à vous conter nos petites aventures... ça fait vraiment chaud au coeur. Ma dernière journée parisienne fut TRES arrosée. Pas de champagne malheureusement... Jeans et baskets mouillés tout du long.
Avec ma soeur, son chéri marseillais, le frère de son chéri marseillais et Miss A., nous sommes allés faire un petit tour du côté du Palais royal / but officiel, s'imprégner de l'ambiance Cour carrée et marché aux fleurs, but officieux, fourguer la gosse 45 minutes aux garçons pour faire une razzia chez H&M, rue de Rivoli. Ben, le Louvre, cool. H&M ultra-décevant. On est ressorties les mains vides, c'est dire...
09:29 Publié dans Les exploits de Ficelle et Boulotte | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : paris, vacances, poussette, mclaren
18 avril 2009
Chapitre 10, tempête

Quand j'ouvris un œil, un rai de lumière grise me fit immédiatement cligner des paupières. Les volets n'étaient qu'à moitié fermés, claquant au vent encore plus fort que la veille. J'avais dormi toute habillée, allongée sur l'édredon, en travers du lit. Je mis quelques secondes à me souvenir du lieu où je me trouvais. Puis, le déroulé de ma première journée à Ploubelle-île me revint en mémoire d'une traite. D'un coup, je me dressai sur mes coudes et vérifiai que mes valises étaient toujours là, bouclées à mes pieds... et que j'étais bien seule et en sécurité dans la pièce. Un frisson me parcourut en repensant au fait qu'on pouvait entrer dans ma chambre comme dans un moulin.
Me redressant complètement, je tentai de rassembler mes idées de la nuit, en grande partie passée à imaginer un prétexte pour partir dès le matin. Je ne pouvais décemment pas invoquer la discussion surprise au salon, alors que je me trouvai dans le passage secret, derrière la porte dérobée. Mais, guidée par une peur diffuse quoique légèrement irrationnelle et un certain dégoût pour cette étrange endroit, je savais instinctivement qu'il me fallait quitter les lieux au plus vite. Rassemblant ce qui me restait de courage, je décidai de descendre d'abord tâter le terrain (et grappiller quelques petites choses à manger) avant de me lancer auprès du maître des lieux dans des explications vaseuses sur, au choix: ma mère et son soudain cancer, ma sœur et son imminent accouchement, mon lapin nain retrouvé découpé en rondelles par le voisin, mon père écrasé par un camion pompe tonne à sa sortie du boulot, et autre excuses nullissimes, sorties de mon imagination bornée prolixe.
Entrouvrant la porte de ma chambre, je m'assurai que la voie était libre. Me dirigeant vers les escaliers, je réalisai soudain que le vent soufflait vraiment fort, s'engouffrant sous les cadres des fenêtres, sifflant jusque dans le hall du manoir. Brrr... Je frissonnai à nouveau, glacée cette fois. Je serrai mon gilet contre moi, heureuse d'avoir revêtu ma tenue de combat breton (jeans, chaussettes en laine moelleuse et boots à larges semelles en cuir, écharpe en coton à grosses mailles et top à manches longues en coton bio, oui, hein, bon – même dans les situations les plus déagréables, il est indispensable de garder une certaine allure/éthique...). Arrivée au bas de l'escalier, je visai la cuisine, l'inquiétude et le stress ne parvenant pas à occulter mon appétit légendaire. Les odeurs de café mêlées aux émanations de pain chaud et de chocolat me conduisirent tout droit à l'arrière du rez-de-chaussée. Longeant un large couloir, sur les murs duquel s'étalaient nombre d'estampes et autres gravures anciennes, j'aperçus en bout de course, à travers une porte entrouverte, les fourneaux ainsi qu'une femme s'y affairant. C'était Annick, à n'en pas douter. Virvoltant de l'évier aux placards, elle semblait en grande conversation avec un tiers. « Ils arrivent plus tôt que prévu, entendis-je prononcé par une voix masculine. Demain sans doute. Va falloir qu'on fasse un aller-retour d'urgence à terre pour faire le plein. Ils sont 27 normalement. Tu connais Komenko... Il ne peut pas se déplacer sans sa cour au grand complet. » Et Annick de répondre: « Je ne l'aime pas celui-là, c'est un vrai mafieux. Je trouve que le patron devrait pas fricotter avec ce genre d'individus. Ils me donne la chair de poule. Et sa façon de traiter les femmes et les employés... ça me révolte. Pire que des chiens. »
Je fis claquer durement mes talons plats sur les dalles du couloirs pour les prévenir de ma présence. Puis j'entrai. « Ah, bonjour Adèle », me lança Maxime d'un ton un peu gêné. Assis à table, il tenait un large bol de café au lait entre les main, et portait déjà sa veste et son bonnet. « Bonjour Maxime, bonjour Annick. Puis-je me joindre à vous pour avaler quelque chose? » « Mais bien sûr, vous êtes la bienvenue! » me dit encore l'intendant, me désignant un siège face à lui. Je m'asseyai et remerciai la gouvernante qui dressait un couvert devant moi. Le ventre un peu noué, je m'enfilai grignottai quand même deux tartines de beurre salé/confiture de prunes, avec un peu de jus d'orange pour faire couler. Ma devise: toujours voyager/travailler/buller le ventre plein. Je ne perdai pas en revanche mon objectif de vue et demandai: « Est-il possible de se rendre à Lorient aujourd'hui? » « Pourquoi? Vous venez d'arriver! » s'étonna Maxime Coutereau, bien à propos. Annick, elle aussi, s'était tournée vers moi et m'observait d'un air interrogateur. « Et bien, je... heu... Je dois faire quelques boutiques pour compléter ma garde robe. Il fait beaucoup plus froid ici que ne me l'était imaginé. » A mon plus grand étonnement, je m'étais totalement dégonflée. Je ne parvenais pas à avouer mon envie de départ, et encore moins ma réelle motivation.
« Je suis désolée Adèle. Mais vous ne pourrez pas vous enfuir aujourd'hui. Ni même demain ou après-demain. La mer est très mauvaise. La météo annonce même une violente tempête. » « Mais... N'y a-t-il aucun moyen...? » J'étais soudain perdue, désemparée. Je me rendais compte que même si j'avais dit mon besoin de quitter cette île, cela n'aurait servi à rien. J'étais coincée. Prise au piège. Je restai sans mot dire, quand Maxime ajouta: « Seul les très gros bateaux peuvent accoster par ce temps. D'ailleurs, nous en avons un qui arrive demain. Vous serez sans doute occupée à d'autres tâches, mais vous croiserez ses occupants à coup sûr: ce sont des clients importants des Séraphin. Pas du genre discrets. »
Je mordis dans une troisième tartine, cachant à grand peine mon trouble. Je me levai bientôt et pris congé des deux employés, qui avaient repris leur conversation logistique. Longeant le couloir jusque dans le hall, je réfléchis rapidement. Pas moyen de fuir. Et puis, fuir pourquoi? Finalement, j'étais informée, du moins partiellement, des activités familiales, qui visiblement n'étaient pas très nettes. J'étais sur mes gardes quant aux raisons réelles ou supposées de mon embauche par Robin... Mais n'avais-je pas moi-même eu des pensées similaires en acceptant le job. Et puis, à la lumière du jour, mes fantasmes de mauvais polars prenaient tout à coup du plomb dans l'aile. Et dehors, le vent redoublait encore de violence. Pas un temps à mettre une Adèle dehors. Dehors d'ailleurs, j'aperçus par la fenêtre une personne accourir vers le manoir, enroulée dans un imperméable vert foncé. Quelques secondes plus tard, la grande porte s'ouvrait et l'imperméable, ruisselant de pluie, faisait son entrée à deux mètres de moi.
Mon sang ne fit qu'un tour. C'était Robin. Se débarrassant rapidement de sa veste trempée, il se tourna vers moi, le sourire aux lèvres. « Adèle, quel plaisir de vous voir ici! Vous avez fait bon voyage? Vous êtes bien installée? Vous avez trouvé de quoi vous nourrir? Je suis désolé de ne pas avoir pu vous escorter moi-même hier mais une affaire m'a retenue en Italie... » Il n'arrêtait plus. Sa belle voix grave maintenait un débit de paroles chantantes et agréables... Contre toute attente, sa présence à ce moment précis me rassurait, me réchauffait. J'étais heureuse de la voir. Un comble. Il semblait me rendre la pareille et cela me mit encore plus de baume au cœur.
« Venez, venez! Nous allons monter dans mon bureau. » « Mais, votre père, que j'ai rencontré hier, m'a demandé de passer le voir ce matin. Dois-je aller m'excuser auprès de lui et vous rejoindre ensuite? » « Pas la peine, nous allons de ce pas lui annoncer ensemble que je suis de retour. » Et nous gravîmes d'un pas rapide les marches menant au premier étage, moi courant presque derrière lui. Une fois en haut, il frappa d'un geste vif sur le battant d'une grande porte de bois travaillé et n'attendit pas la réponse pour entrer. « Père, je me permets de vous déranger quelques instants. Je viens de croiser Adèle dans le hall et vous l'enlève dès aujourd'hui... » Je le suivai d'un pas et m'arrêtai net derrière lui. Devant nous, la vaste pièce était parfaitement ordonnée, décorée avec rafinement, quoique un peu froide. Sur le grand siège de cuir derrière un magnifique bureau en chêne massif, Monsieur Séraphin se tenait assis, droit comme un i. Sa tête, basculée vers l'arrière, était maculée de sang.
09:30 Publié dans Le Feuilleton de Ficelle | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
17 avril 2009
Miss A. en virée parisienne, bilan à mi-parcours
Par Ficelle
Bon, je vous la fais courte avant de me remettre à bosser sur le Feuilleton (nan, je n'ai pas oublié qu'il fallait que je ponde quelque chose cette semaine).
Je suis à Paris depuis hier et jusqu'à demain, le temps de faire faire à Miss A. la tournée des grands ducs. Résumé en 10 points:
1) Dix minutes après notre montée dans le train et notre installation en 1ère classe (c'était moins cher, hein, pas de fausses idées, j'ai pas gagné au loto), Miss A., 8 mois la semaine prochaine, a commencé à faire des vocalises. Les voyageurs (beaucoup de costards-cravates) ont jeté unanimement un regard réprobateur dans mon sens. J'ai compris le message. Nous sommes allées toutes les deux terminer passer notre voyage dans le wagon restaurant.
2) Pour aller pisser, j'ai du demander au contrôleur de garder ma fille une cinq minutes. Pourquoi lui? Avec son uniforme, je pouvais facilement le décrire aux enquêteurs, s'il était parti avec.
3) Le micro-ondes du wagon restaurant était en panne. Une fois mes pies seins totalement vides, Miss A. n'a pas voulu manger froid et s'est donc mise à couiner... jusqu'à l'arrivée. C'est là que j'ai sorti ma McLaren flambant neuve, qui passait impec entre les rangées de sièges. Un bon achat, assurément.
4) Mon père ce héros est venu me chercher à la gare. En passant, il a acheté... un siège auto.
5) J'ai présenté la petite aux collègues. Elle a: a) déchiré les chiffres de vente de la boîte b) renversé sa compote sur le bureau d'un de mes chefs c) suçoté un ourson en peluche publicitaire plein de poussière d) fait des sourires à tout le monde (enfin juste aux collègues que j'aime bien).
6) Je me suis fais hurler dessus par un conducteur de bus agressif parce que j'ai eu le malheur de toquer à la vitre de la porte de derrière pour monter la poussette. Visiblement, à Paris, la poussette, elle monte devant, et les conducteurs prennent des amphets entre les stations. J'ai essayé de le calmer, psychologiquement soutenue par les autres voyageurs, aux visages surpris et outrés mais qui m'ont laissé affronter seule ce total freak ne s'en sont pas mêlés, cela va sans dire, mais rien n'y a fait. Je précise qu'on était dans le 17ème, pas dans le 9-3. Et que je n'avais aucune intention d'utiliser la poussette comme une arme contre lui.
7) J'ai tenté l'apéro dans un bar de la place Pereire. Franchement, pas une réussite. A peine le temps de discuter 10 minutes avec ma soeur (en me prenant des coups de sous-bocks sur la figure) que la petite avait déjà trop chaud, trop faim, trop envie de bouger, trop sommeil...
8) Je suis rentrée la coucher en prenant la peine de faire le plein de bouffe japonaise en passant. Enfin la récompense.
9) Maintenant qu'elle dort, je peux vous écrire en paix en piratant un réseau wifi local.
10) Demain, journée au parc ou au musée (en fonction de la météo) avec les tantes et oncles et... Puis retour à Framboisy, en train évidemment. Et la bonne idée de ma soeur (qui habite à Marseille) : m'avoir perfidement gentiment ramené mes cadeaux de Noël: cinq pavés livres.
A + pour le Chapitre 10. Promis, juré, craché.
21:16 Publié dans Ficelle a un bébé (bientôt deux!) | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
